Le 9 janvier dernier, la plus haute juridiction française a annulé la condamnation de Christine Boutin qui avait été condamnée en 2015, confirmé en appel en 2016, à 5 000 euros d’amende pour « provocation publique à la haine ou à la violence » envers les homosexuels. Elle avait notamment cité dans une interview à un magazine consacré à la politique et à la sexualité en 2014, le verset duLévitique présentant les rapports homosexuels comme une « abomination ».

Pourtant, ses propos étaient loin d’être litigieux ! Voici l’essentiel des propos tenus : « Pour moi, la différence est la même qu’entre le pécheur et le péché. Le péché n’est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné ! (…) C’est cette subtilité qui n’est pas toujours comprise. J’ai des amis homosexuels ! Je vous assure, de vrais amis ! Mais, en ce qui concerne le comportement sexuel, chacun fait comme il peut. Je ne dis même pas comme il veut, je dis comme il peut. Avec ma foi, la personne homosexuelle est autant aimée de Dieu que je le suis. (…) L’homosexualité n’a rien à voir avec les jugements que je porte sur les homosexuels, qui sont mes frères, mes amis, et qui ont une dignité aussi grande que ceux qui ont d’autres comportements sexuels. Ils sont pécheurs comme je le suis, on est tous pécheurs. »

Comme on pouvait s’en douter, ces propos n’ont pas plu à tout le monde et notamment aux mouvements radicaux LGBT (lesbien, gay, bi et trans) pour qui tout propos ou toute opinion qui ne va pas dans le sens de leur pensée unique est homophobe, et méritent d’être condamnés par la justice. On se souvient de ces 2 chrétiens qui, en 2016, avaient été condamnés en première instance au tribunal d’Angoulême, puis relaxés en appel, pour avoir distribué le témoignage d’une personne homosexuelle convertie à Jésus-Christ et ayant abandonné son homosexualité. En Suisse, il y avait eu également cette autre affaire où Pink Cross, l’association faîtière des organisations gaies avait déposé aussi en 2016 une plainte pénale contre l’évêque de Coire Vitus Huonder qui avait cité publiquement des versets de l’Ancien Testament, et l’association gaie avait également été déboutée.

Dans son jugement, la Cour de cassation a estimé que : « le propos incriminé, s’il est outrageant, ne contient néanmoins pas, même sous une forme implicite, d’appel ou d’exhortation à la haine ou à la violence à l’égard des personnes homosexuelles. ». Si, malgré le contexte d’une société de plus en plus favorable aux thèses LGBT, la plus haute juridiction française a pu énoncer un tel jugement, c’est quelque part la preuve que la liberté d’expression et de conscience est encore défendue dans notre pays, y compris pour les chrétiens. Dommage qu’il ait fallu aller jusqu’en cassation pour obtenir ce résultat.

(Transcript de la chronique radio, Phare FM, janvier 2018)

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