NDLR: Ce qui suit est tiré d'un article d'Alexis Hunot sur Betty Boop, personnage animé qui avait connu en son temps la censure. Il examine le code éthique que s'est imposée, pour gagner l'affection du public, l'industrie cinématographique de Hollywood. De cette éthique, il ne reste plus aujourd'hui que quelques lambeaux...

Au début des années 1920, le cinéma américain montrait souvent de manière assez crue la violence et le sexe. Le public percevait alors Hollywood comme la ville du péché. Mais c’est surtout trois énormes scandales qui vont obliger l’industrie à réagir : le procès de Roscoe 'Fatty' Arbuckle, un comique très célèbre (qui a notamment joué et dirigé Buster Keaton) accusé du meurtre d’une actrice, le meurtre du réalisateur William Desmond Taylor et la mort de l’acteur Wallace Reid (Naissance d’une nation, Intolérance…) qui était devenu accroc à la morphine suite à la prescription de cette drogue par un médecin afin que celui-ci puisse terminer le film qu’il était en train de tourner. Ces trois histoires très médiatisées n’ont fait qu’amplifier le regard négatif du public sur les gens du cinéma.

Et c’est pour éviter que le gouvernement américain n’instaure lui-même une censure que l’industrie fonde en 1922 la Motion Pictures Producers and Distributors Association (qui deviendra par la suite la Motion Picture Association of America.). A sa tête, l’industrie nomme Will Hays (il avait été directeur de campagne pour le Président républicain Warren G. Harding). Il proclame des règles censées redonner une vraie morale, une véritable éthique au cinéma. Ces listes de « A ne pas faire… », n’empêchent pourtant pas les réalisateurs de faire les films qu’ils veulent. Mais après la grande dépression, sentant la colère du public monter, le MPPDA adopte le 31 mars 1930 un Code de la production basé sur trois principes importants :

- Aucun film produit ne doit abaisser les standards de morale des spectateurs, ou apporter le soutien et la sympathie du spectateur pour des personnages diaboliques ou criminels.
- Ne seront présentées que de normes correctes de la vie, du sujet, seulement aux conditions du drame et du divertissement.
- Les lois naturelles ou humaines ne doivent pas être ridiculisées et ceux qui les contournent ne doivent pas être traités avec sympathie.

Tout cela se développe en une série de règles classées sous différents chapitres : crimes contre la loi, sexe, vulgarité, obscénité, profanation, costumes, danses (mouvements suggestifs), religion, lieux (comme la chambre), appartenance nationale, titres des films, et sujets repoussants.

>>> Lire la traduction du Code Hays (Wikipedia)